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 Accueil > Ressources en ligne > Bulletins de l’IHTP > Bulletin n°79 : Les Français et la politque dans les années soixante (II) > Guerre politique et idéologique dans les Alpes-Maritimes (1958-1962)


Guerre politique et idéologique dans les Alpes-Maritimes (1958-1962)

par Dominique Olivesi

 

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style='font-family:Arial'> 
En l’espace de quelques mois, en moins d’un an en tout cas, le fragile compromis
établi en 1958 dans les Alpes-Maritimes entre le « gaullisme
triomphant » et le « système » Médecin
va voler en éclats et laisser place à une relation conflictuelle,
un antagonisme qui ira en se durcissant tout au long du premier septennat
du général de Gaulle. De 1959 à 1965 (première
élection présidentielle au suffrage universel direct du président
de la République) le Rassemblement républicain de Jean Médecin,
cette nébuleuse centriste et modérée, libérale
et anticommuniste, héritière de la guerre froide mais aussi
d’une dichotomie politique niçoise remontant aux années 1930,
dominante à Nice et dans le département, va entrer en dissidence
et croiser le fer de manière toujours plus rugueuse avec un pouvoir
gaulliste, avec une V<span
style='vertical-align:super'>e République considérée
à partir de 1962 comme quasi illégitime. Dans ce combat frontal,
le « médecinisme » placé dans un premier
temps sur la défensive semble reculer et être incapable de rétablir
une situation qui devient fort périlleuse pour lui. Pendant quatre
ans, il plie mais ne rompt pas. Il lancera par la suite une spectaculaire
opération de reconquête en s’appuyant sur toutes les forces politiques
hostiles au gaullisme d’État, sans exclusive. En réussissant
à intégrer à son « système »
et à récupérer des forces politiques jusque-là
périphériques ou neuves, il va s’imposer comme le véritable
organisateur et fédérateur, comme l’âme d’un véritable
« front du refus ». Cette « guerre »
politique et idéologique est retracée ici dans sa première
phase, de la fin de l’année 1958 à la fin de 1962.

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style='font-family:Arial'> 
Les malentendus entre le « Roi Jean » et le nouveau
régime qu’il a contribué à mettre en place et auquel
il a accordé sa confiance ne vont pas se dissiper. Les élections
municipales de mars 1959 sont l’occasion d’un premier affrontement. Au-delà
des traditionnelles rivalités locales, se dessinent de nouveaux enjeux
politiques. Nice est ardemment convoitée par un mouvement gaulliste,
l’UNR, qui fort de son triomphe l’année précédente, ne
dissimule pas son intention de s’emparer de la cinquième ville de France.
Celui qu’on appelle le « vieux seigneur » supporte mal
les empiétements sur son domaine d’un courant politique considéré
comme « prédateur », parisien à façade
niçoise, adossé à un appareil d’État puissant
et déterminé. À la mi-février dans une correspondance
privée, le maire et le leader communiste, Barel, autre enfant du terroir
local, se retrouvent pour dénoncer le « caractère
brutal et sauvage » de l’affichage gaulliste en ville, soulignant
déjà un accord tacite pour refuser une opération de prise
de contrôle extérieure du territoire niçois.

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style='font-family:Arial'> 
L’UNR ne confirmera pas sur le terrain municipal sa spectaculaire percée
de l’année précédente. À Nice avec 22 535
voix, elle parviendra à peine au score réalisé par le
maire sortant réélu assez facilement. Avec 8 conseillers municipaux
élus, le mouvement gaulliste faisait à peine mieux que lors
de la grande offensive du RPF en 1947.

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style='font-family:Arial'> 
Au-delà de cette querelle de propriété, le désaccord
entre Médecin et le gaullisme porte, dès 1959, sur deux questions
de fonds. La première concerne la nature et les équilibres du
nouveau régime. Autant le maire de Nice se montrait sous la IV<span
style='vertical-align:super'>e finissante, soucieux et impatient de rééquilibrer
les pouvoirs en faveur d’un exécutif renforcé et d’un président
arbitre, autant l’exercice du pouvoir sous la Ve
commençante le froisse dans ses opinions, sa culture et ses habitudes
de grand « féodal », de grand notable régional.
D’emblée, l’État du Général n’est pas celui de
Jean Médecin. Dès le départ, aux yeux de ce dernier,
il est trop autoritaire, dominateur, technocratique, trop peu libéral,
trop parisien et centralisateur, trop assimilateur et jacobin, en un mot trop
peu respectueux des libertés locales et des « franchises
communales » dont le maire de Nice s’est toujours voulu le défenseur.
« Sommes-nous en République ? » titre de
manière significative L’Action républicaine le 15 juillet
1959 à l’heure des premiers bilans. On devine à lire l’article
une réponse déjà empreinte de scepticisme. L’autre grande
inquiétude concerne le sort de l’Algérie. Jean Médecin,
partisan d’une France impériale fidèle à son passé,
est à l’époque certainement habité par le pressentiment
douloureux d’un avenir néfaste. « Nous avons compris ! »
résume un article du même numéro de L’Action républicaine
qui formule de très sérieux doutes sur le bien-fondé
de la politique algérienne du gouvernement Michel Debré. Jean
Médecin, qui pourtant vote la confiance le 15 octobre 1959, exprime
toutes ses craintes lors de la séance d’ouverture du conseil général
deux jours plus tard. « Les parlementaires se sont livrés
à une étude sans pouvoir se déterminer autrement qu’en
faisant confiance une nouvelle fois à celui que le peuple a placé
à sa tête et que conduit son sens du devoir… »
Une approbation forcée qui prenait la forme d’un ultime avertissement.

<span
style='font-family:Arial'> 
Le divorce entre la partie de l’opinion niçoise, celle qui se reconnaît
avant tout dans la personne, les idées et l’action de Jean Médecin
et la nouvelle République est consommé dès le début
de l’année 1960. L’« affaire Pinay » et le départ
du gouvernement de l’« homme de Saint-Chamond », ne
pouvait qu’impressionner défavorablement les tenants d’un libéralisme
classique. Un libéralisme dont l’ancien président du conseil
resté l’idole des épargnants semblait être la meilleure
caution. L’interventionnisme économique rampant de l’État gaulliste
avait certainement quelque chose d’agaçant et d’inquiétant pour
le monde de la fortune et pour le milieu professionnel des affaires qui constituait
sur la Côte d’Azur une composante majeure du « système »
d’influence et de la nébuleuse médeciniste. En mars, un autre
événement contribue aussi à dégrader encore un
peu plus les relations entre l’homme fort du département et le chef
de l’État. Nice et les Niçois fêtaient le rattachement
de l’ancien comté à la France, réalisé à
l’époque de Cavour et de Napoléon III. Anniversaire grandiose
et solennel aux yeux de la majorité d’une population qui au cours du
siècle écoulé (1860-1960), et sur plusieurs générations,
avait donné toutes les preuves de son ardent patriotisme et de son
attachement à la France. Du 26 au 28 mars, une délégation
d’élus et de personnalités comme René Cassin, participe
aux cérémonies parisiennes de commémoration. Une série
d’erreurs de protocole et de maladresses portées sur le compte d’un
État parisien arrogant, froissèrent de manière répétée
la susceptibilité et l’amour propre des Niçois, furieux de ne
pas être l’objet du respect qu’on leur devait. Drapé dans sa
dignité outragée, Jean Médecin abrégea ostensiblement
le Te Deum de Notre-Dame, ulcéré de voir les « parlementaires
parqués et traités comme du bétail ». L’incident
fit grand bruit à Nice. Au moins autant que la conférence en
Sorbonne du maire, en présence de Michel Debré, chef du gouvernement.

<span
style='font-family:Arial'> 
L’orientation imprimée à la politique algérienne de la
France par le général de Gaulle constitue enfin le dernier motif
de désenchantement, de raidissement et de crispation d’une fraction
non négligeable de l’opinion à l’égard du chef de l’État,
de son mouvement et de ses représentants locaux. « La fin
d’un beau rêve » titre L’Action républicaine
en février 1960, pour le moins troublée. Et de façon
encore plus angoissée, en juillet : « l’indépendance
de l’Algérie a-t-elle été promise ? »
Sur cette question sensible, le département des Alpes-Maritimes qui
accueille déjà à l’époque une population rapatriée
de Tunisie et du Maroc, réagit sur un mode passionnel. Jean Médecin
le sent bien, qui le 1er juin 1960,
vote avec 164 de ses collègues (dont Georges Bidault, Jean-Paul David
et Jean-Marie Le Pen) autant par conviction que par sens politique, contre
la résolution présentée à l’Assemblée nationale
requérant la suspension de la détention en prison du député
de sensibilité « Algérie française »,
Pierre Lagaillarde.

<span
style='font-family:Arial'> 
L’escarmouche suivante se produit à propos du référendum
de janvier 1961 sur l’autodétermination de l’Algérie, annoncé
par de Gaulle en novembre de l’année précédente (le Général
a donné le sens de cette consultation dans deux allocutions radiodiffusées
et télévisées le 31 décembre et le 6 janvier).
Lors de la campagne électorale, l’attitude de la plupart des parlementaires
du département, en dehors des UNR, a été assez ambiguë.
Les trois sénateurs, le RGR Hugues, ancien ministre, le socialiste
Roubert, président de la commission des Finances au Palais du Luxembourg
et Raybaud, RGR et président de l’Association des maires des Alpes
Maritimes, les deux députés centristes, Palmero et Médecin,
sont restés prudemment dans l’expectative, n’ont fait aucune grande
déclaration publique mais se sont livrés selon une source policière
bien informée à « une active propagande chuchotée »
empreinte de scepticisme sur l’utilité du référendum.
Ne pouvant ouvertement appeler à voter non,
ils encouragent plutôt de manière feutrée l’opinion à
l’abstention. Une tactique qui visiblement s’apparente au jeu parlementaire
de la République défunte. Tous semblent vouloir que le général
de Gaulle ne remporte pas un succès en forme de triomphe politique
qui renforcerait l’autorité et la légitimité du régime.
Le 8 janvier 1961, la spécificité du vote des Alpes-Maritimes
ressort assez nettement. Si le taux d’abstention est à peine légèrement
supérieur à la moyenne nationale (autour de 25 %) la victoire
du oui est nettement plus faible
que sur le reste du territoire métropolitain. Comme dans le Var voisin,
le oui l’a emporté avec
68 % des suffrages exprimés contre 75 % pour l’ensemble de
la France.

<span
style='font-family:Arial'> 
<span
style='font-variant:small-caps'>oui : 172 742

<span
style='font-family:Arial'> 
<span
style='font-variant:small-caps'>non : 78 145

<span
style='font-family:Arial'>Le
oui par rapport à 1958
a reculé d’environ 6 points, soit 26 400 voix. Le non
par rapport à la même date a progressé de 12 000
unités. Il est passé de 25 à 31 % des suffrages.
Comme le soulignait un rapport de police au lendemain du scrutin « les
Alpes-Maritimes comme le Var voyaient la base de confiance populaire du gaullisme
se rétrécir », en raison à la fois d’un rétablissement
communiste et de l’hostilité marquée des Français repliés
d’Afrique du Nord, à la politique algérienne du Général,
hostilité déjà relayée à l’époque
par une partie de la classe politique et parlementaire.

<span
style='font-family:Arial'> 
Les évènements dramatiques de l’année 1961 creusent encore
un peu plus le fossé entre partisans et adversaires du chef de l’État,
à Nice et dans les Alpes-Maritimes. L’application brutale et quasi
militaire de l’article 16, conférant à de Gaulle les pleins
pouvoirs à la suite de la tentative du putsch des généraux
d’Alger en mars contribue à braquer des parlementaires qui ont été
informés de la décision par simple message. Un peu plus tard,
à l’automne, le début de la vague d’attentats lancée
par l’OAS, qui n’épargne pas le département contribue à
faire monter d’un cran les tensions, à radicaliser les esprits et à
exacerber les passions politiques.

<span
style='font-family:Arial'> 
En fait l’année 1961, dans les Alpes-Maritimes, marque surtout le rapprochement,
dans une logique d’hostilité commune au gaullisme, des deux grandes
forces politiques dominantes jusqu’en 1958 : médecinisme et communisme.
C’est d’abord l’année du voyage en URSS de Jean Médecin, qui
deux ans auparavant, avait jumelé sa ville avec celle de Yalta, célèbre
station balnéaire des rivages de la Mer noire, allant ainsi dans le
sens du vieux rêve de « la Crimée française »
cher aux communistes de la Côte d’Azur. En juin le porte-drapeau du
PC, Virgile Barel, retrouve à Nice, un canton et un siège au
conseil général avec la « complicité objective »
d’un candidat de la mairie qui s’est maintenu au deuxième tour contre
l’UNR Pierre Pasquini le tombeur de Barel en novembre 1958. C’est encore une
motion commune votée en conseil municipal de Nice le 4 novembre qui
exprimait « l’émotion de la population et son indignation
face aux attentats et aux actes criminels de l’OAS ». Une motion
dont la presse du PC fit à l’époque un éloge appuyé.
Le maire de Nice renouvelait à la fin de l’année sa ferme résolution
de combattre le « pouvoir personnel » et la « dictature
gaulliste » à travers deux votes majeurs, contre la délégation
de pouvoir au gouvernement le 23 novembre ; pour la motion de censure
votée par 199 députés le 15 décembre.

<span
style='font-family:Arial'> 
Comme l’écrit Edgar Faure dans sa préface à l’année
politique de 1962, « on discerne à travers les différents
épisodes et péripéties un élément commun
d’intervention qui est la volonté planificatrice du chef de l’exécutif.
Le général de Gaulle a conçu, dès l’époque
de son retour au pouvoir, un programme dont il poursuit la réalisation
étape par étape en tenant compte du jeu des événements ».
La volonté du président de la République s’applique prioritairement
à la question algérienne. Dans le contexte dramatique et particulièrement
troublé du printemps 1962, les Français sont une nouvelle fois
appelés à se prononcer par voie référendaire.
La question posée, on le sait porte sur l’indépendance de l’Algérie
pour laquelle de Gaulle demande approbation. L’adhésion de la nation
à la solution de paix et de règlement prévue par les
Accords d’Évian est massive. Avec 86 % de small-caps'>oui, les Alpes-Maritimes se situent une nouvelle fois légèrement
en retrait par rapport à la moyenne nationale (91 %), mais la
tendance dégagée est nette. Le <span
style='font-variant:small-caps'>non est écrasé et les prétentions
des partisans de l’« Algérie française »
à transformer la Côte d’Azur en base de résistance populaire
à la « politique d’abandon », s’effondraient
du même coup. À Nice comme ailleurs, de Gaulle avait réussi
à dépasser, à transcender, à effacer le traditionnel
clivage droite/gauche au grand dam de tous ses détracteurs. Aucun de
ceux-ci parmi les parlementaires ne vote cependant la motion de censure, déposée
en juin 1962 par la frange la plus radicale de la « droite nationale »
au Palais Bourbon, décidée désormais à faire tomber
de Gaulle pour « le prix de sa trahison » (elle réunira
113 voix). L’annonce en septembre du projet de révision constitutionnelle
portant sur l’élection du président de la République
au suffrage universel direct (achèvement selon son initiateur de la
partie fondamentale de son œuvre), déclenche une nouvelle fois
les hostilités entre de Gaulle, les partis, la classe politique, la
plupart des cadres de la nation, les élus, en particulier les parlementaires,
héritiers testamentaires pour bon nombre d’entre eux de la IV<span
style='vertical-align:super'>e République. Dans les Alpes-Maritimes,
la fronde parlementaire contre le « projet liberticide »
va prendre un tour spectaculaire, passionnel et violent.

<span
style='font-family:Arial'> 
En l’espace de quelques semaines, l’affaire provoque une levée de boucliers,
une guérilla, et une mobilisation qui regroupe, dans une même
réprobation, dans un même mouvement de conspiration et de répulsion,
communistes, socialistes, radicaux, centristes et éléments durs
de « l’Algérie française ». Seuls, les
malheureux élus UNR réduits à une inconfortable position
de repli, en attendant la fin de la crise, échappent à ce front
uni déchaîné contre le « pouvoir personnel »
et contre « l’apprenti dictateur » et le « monarque
républicain ». Sur le papier le « Cartel des
<span
style='font-variant:small-caps'>non » semble pouvoir l’emporter.
Il rassemble la majorité des formations politiques, des notables et
des caciques du département, la plupart également des appareils
militants. Autour de Joseph Raybaud (Levens), Francis Palméro (Menton)
et Jean Médecin (Nice), 122 maires du département (sur un total
de 163) dénoncent dans un manifeste le « coup d’État
juridique » auquel se livre selon eux le premier magistrat du pays.
Cette protestation est relayée par 29 conseillers généraux
sur 34 signataires de la motion qui stigmatise le caractère anticonstitutionnel
du référendum. En octobre 1962, Palméro et Médecin
ont contribué à la chute du gouvernement Debré en votant
la censure adoptée par 280 voix. Dans l’hebdomadaire Réalités
niçoises,
Thérèse Roméo leader de la gauche
modérée vitupère contre celui qu’elle appelle le « grand
manipulateur », ses projets supposés de monocratie et contre
ce qu’elle considère comme la tendance fondamentale de la République
gaulliste : l’infantilisation des citoyens et leur dépossession
de la chose publique. En face, les partisans du oui
se sont fédérés sous la bannière de l’Association
pour la Ve République mais
rares sont les organes de la presse écrite, comme L’Opinion de Nice
et des Alpes-Maritimes
qui ont décidé de lui servir de relais.
Le 28 octobre, le <span
style='font-variant:small-caps'>oui l’emporte dans le département
avec 57,7 % des suffrages. Un score étriqué au regard des
performances réalisées lors des précédents référendums,
mais néanmoins assez impressionnant compte tenu de l’apparent rapport
de force politique. Ensemble, les formations du « cartel des <span
style='font-variant:small-caps'>non » avaient réuni en
novembre 1958, 170 620 voix pour les Alpes-Maritimes. Quatre ans plus
tard, elles totalisaient à peine 112 773 dans un département
pourtant réputé à juste titre, favorable aux sentiments
antigaullistes.

<span
style='font-family:Arial'> 
La dernière manche du « bras de fer » politique
de l’année 1962 se déroule en novembre avec les élections
législatives provoquées par la motion de censure, elle-même
suivie de la dissolution de l’Assemblée nationale. À Nice, trois
faits ont marqué la campagne. L’escarmouche judiciaire entre le maire
et le préfet au sujet de la réglementation de la propagande
électorale sur la voie publique, querelle vidée devant le tribunal
administratif. Le retrait du « vieux seigneur » au profit
de son fils Jacques Médecin qui faisait ses grands débuts dans
l’arène politique, en l’occurrence dans le fief électoral de
son père, une circonscription qui lui était quasiment laissée
en héritage. Enfin la confirmation de l’entrée en politique
des rapatriés qui, massivement inscrits sur les listes, faisaient désormais
figure de clientèle électorale convoitée. Si l’UNR (et
apparentés) maintenait ses positions acquises en 1958, le coup de tonnerre
et la vraie surprise venaient du spectaculaire échec de l’héritier
Médecin obligé de renoncer, consécutivement à
un premier tour calamiteux. L’élection dans le fief du « Roi
Jean », au cœur de Nice, de Diomède Catroux présenté
comme un fidèle du Général semblait annoncer aux yeux
de certains observateurs la chute de la « Maison Médecin »
et l’échec de la « transition dynastique » niçoise.

 

 

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