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Jalons pour une histoire culturelle de la mode. Une chronologie : 1952-1973

par Farid Chenoune

 

La
chronologie qui suit n’est qu’une esquisse. À ce titre, elle appelle
trois remarques : Consacrée essentiellement aux années soixante,
cette chronologie s’ouvre cependant sur l’année 1952 et se referme sur
l’année 1973. Elle déborde donc largement, en aval comme en amont,
la décennie. Il s’agit, en effet, moins de fixer des « dates
phares » de la période que de dégager un corpus de
micro-événements, de faits, de décisions qui, par leur
nouveauté et leur convergence, illustrent la montée en puissance
d’une nouvelle culture de la mode qui conquiert visibilité et légitimité
dans ce que nous avons appelé pour l’instant, par commodité, « les
années 60 ». Ce corpus met en scène, pour l’essentiel,
les acteurs professionnels de cette nouvelle culture de la mode, autrement dit
le « personnel » et les institutions du « prêt-à-porter » :
stylistes, créateurs de boutiques, maisons de couture, titres et journalistes
de la presse féminine et, à l’occasion, industriels du vêtement.
Dans ce cadre même, la chronologie présentée ici relève
de modestes coups de sonde dans le temps. En sont absents nombre d’événements
et de données qu’un maillage plus serré ferait immanquablement
remonter à la surface, modifiant sans doute aussi la configuration de
cette chronologie et le paysage qui en émerge.

En
faisant un tel choix, nous avons de fait privilégié la distinction
classique entre producteurs et consommateurs et, au sein même de ce couple,
son premier terme : les producteurs, épousant ainsi une vision partielle
de la culture de la mode. Cette vision est à nuancer, voire à
remettre en cause ; en tout cas, elle ne suffit pas. Les « phénomènes
de mode », en particulier à compter des années soixante,
sont des objets complexes, opaques, surdéterminés. Leur cheminement,
leur avènement et leur propagation ne ressortissent pas au schéma
pyramidal qui dominait la mode au temps de la haute couture. D’autres acteurs,
les « jeunes » notamment, sont entrés dans l’arène :
ils consomment de la mode, mais en même temps la produisent, à
partir de références, de codes, de réseaux d’apprentissage
et de reconnaissance le plus souvent extérieurs au « monde »
de la mode lui-même.

La
distinction entre production et consommation tend dès lors à se
brouiller. Ce sont bien des vêtements qui sont produits, mais c’est de
la mode qui est consommée. Cette consommation est d’ailleurs déjà
à l’œuvre avant même que ces vêtements ne soient produits :
vus sous cet angle, ils n’en sont que les « effets »,
dans les deux sens du mot, c’est elle aussi qui détermine leur production.
On pénètre là, on le voit, sur un terrain peu sûr
où dominent l’« air du temps », un « climat »,
des « tendances », vocabulaire approximatif, mais dont
nous devons prendre en charge ce qu’il recouvre (tâche difficile) si l’on
veut analyser le vêtement de la mode comme un « fait social
total », selon la formule de Nicole Pellegrin
[1].
Dès lors, qu’est-ce qu’un événement de modeæ ? Cette question
sera au cœur du travail chronologique qui devrait suivre cette première
ébauche.

Farid
Chenoune est agrégé de Lettres


1952

• Ghislaine
de Polignac devient, aux Galeries Lafayette, la première « styliste »
de mode française avant la lettre.

1953

• Le magazine
Elle inaugure une nouvelle rubrique : « Prêt-à-porter »,
confiée à Claude Brouet. Dans le même esprit, en 1952, l’hebdomadaire
a publié un dossier intitulé « Aimeriez-vous trouver
vos robes toutes faites ? », et le mensuel Vogue a rebaptisé
« Tout prêt-à-porter » sa rubrique « Trouvailles
pour les jeunes ». L’expression « prêt-à-porter »
a également fait son apparition en 1950 dans les publicités des
nouvelles marques créées par les confectionneurs Weill et Lempereur.
Au-delà du milieu professionnel, l’expression fait ainsi ses premières
apparitions publiques dans le vocabulaire de la mode féminine.

• Denise
Fayolle (1923-1995), ex-rédactrice du magazine Votre Beauté, est
engagée par la centrale d’achat de la chaîne de magasins Prisunic
pour donner à ses produits ce qui leur manque le plus : une esthétique
séduisante. Directrice du département « Style, Relations
Presse, Publicité et Conditionnement », elle sera à
l’origine du « style Prisu » qui symbolise au début
des années soixante les fiançailles des Français avec la
société de consommation.

1954

• Le 5
février, après quinze années d’inactivité, Gabrielle
Chanel (1883-1971) rouvre sa maison de couture à l’âge de soixante
et onze ans.

• Yves
Saint Laurent (1936-) et Karl Lagerfeld (1939-) remportent, en position d’ex-aequo,
le premier prix d’un concours organisé par le Secrétariat international
de la laine.

• En portant
un jean dans Rebel without a cause (La Fureur de vivre), James Dean donne son
image de marginalité et de refus de l’ordre établi à un
vêtement de travail, puis de loisirs, qui, depuis que les GI’s l’ont introduit
en Europe, suscite la convoitise d’une partie de la jeunesse française
qui se fournit dans les surplus américains. Le jean sera tour à
tour porté par les beatniks, les blousons noirs et les rockers avant
d’être adopté par les hippies et les baby-boomers contestataires
des classes moyennes dans les années 1960 et 1970, incarnant alors l’anti-mode
et, presqu’au même titre que les cheveux longs, la mode de l’unisexe.

1955

• Ouverture
par Mary Quant (1934-) de la boutique Bazaar dans King’s Road à Londres.

• Les maisons
de couture Lanvin, Patou, Dior et Fath assignent Frédéric Milton,
qui fait commerce d’albums de croquis de modèles de couture, devant la
Cour suprême américaine.

• Une
mission conduite par Albert Lempereur et réunissant des confectionneurs,
des chefs de publicité, des journalistes de mode et un représentant
du gouvernement français se rend aux États-Unis sur l’invitation
du ministère du Commerce américain. À l’imitation des Fashion
Groups américains, elle donnera naissance au Comité de coordination
des industries de la mode, structure réunissant techniciens, modélistes,
dessinateurs, responsables des achats, enfin conseillères et journalistes
de mode, afin d’élaborer les tendances en matière de textiles
et de coloris.

• Lancement
de « Givenchy Université », licence de prêt-à-porter
du groupe Prouvost.

• Premier
numéro spécial du Jardin des modes consacré au prêt-à-porter
(tailleur de Wébé en couverture), opération qui sera renouvelée
désormais deux fois par an, en février et en août, annonce
le mensuel.

• La firme
Rhodiacéta fabrique désormais les quatre classes de la famille
des synthétiques : un polyamide (nylon), un polyester (tergal),
un polyvinylique (rhovyl) et un polyacrylique (crylor).

1956

• Jean
Dessès ouvre la première boutique de couturier aux Galeries Lafayette.

• Premier
salon du vêtement féminin, au théâtre des Ambassadeurs.

• Premier
numéro spécial consacré au prêt-à-porter par
le mensuel Vogue (modèle de Lempereur en couverture).

1957

• Guy Laroche
(1923-1989) ouvre une boutique et inaugure une ligne de diffusion pour femmes.

• Constitution
de Prêt-à-porter Création au sein de la Chambre syndicale
de la couture à l’initiative de Jacques Heim. Ce groupement de défense
et de coordination réunit Carven, Grès, Madeleine de Rauch, Nina
Ricci, Maggy Rouff, Lanvin, Jean Dessès, Jacques Griffe, Jacques Heim.
Ils seront rejoints quelque temps après par Guy Laroche.

• Création
par Claude de Coux de Relations textiles, l’un des premiers, sinon le premier
cabinet de conseil et de style indépendant européen.

1958

• Première
collection (la ligne « trapèze ») d’Yves Saint
Laurent chez Christian Dior, où il a succédé l’année
précédente à son fondateur, décédé
(1905-1957).

• Daniel
Hechter (1938-) dessine la première collection de la marque Pierre d’Alby,
créée par Zyga Pianko. Il dessinera les six suivantes.

1959

• Premiers
modèles d’Emmanuelle Khanh (1937-), ancien mannequin de Cristobal Balenciaga
(1895-1972), de Christiane Bailly (1932-2000), également ancien mannequin,
et de Michèle Rosier (1929-), pionnières du stylisme et du prêt-à-porter
en France. Ce titre leur sera pleinement reconnu à partir des années
1962-1963, grâce en particulier à Maïmé Arnodin, première
femme à avoir été reçue à l’École
centrale et promotrice de cette nouvelle culture de la mode et industrie du
vêtement que sont le stylisme et le prêt-à-porter.

• Jacqueline
(1930-) et Élie (1925-) Jacobson ouvrent la boutique « Dorothée »,
rue de Sèvres à Paris.

• Interruption
du plan d’« Aide textile », système de subventions
de l’État à la haute couture instauré en 1952. En contre-partie,
les maisons de couture devaient employer dans leurs collections une proportion
importante de tissus de fabrication française. Ce système renaîtra
entre 1969 et 1979 sous la forme d’un « Plan d’aide à la création
textile et couture ».

1960

• Pierre
Balmain (1914-1982) vend sa société de parfum à Charles
Revson, président de Revlon. • Lancement de la marque de prêt-à-porter
George Rech.

• Louis
Féraud (1921-), déjà connu grâce à la petite
robe de piqué de coton blanc achetée par Brigitte Bardot dans
sa boutique cannoise, ouvre une maison de couture au 88, Faubourg Saint-Honoré
à Paris.

• Entre
1960 et 1962, Christiane Bailly participe aux pages « La couture
expliquée » de Elle et dessine des collections pour de jeunes marques
de prêt-à-porter. Elle travaillera ainsi pour Chloé, de
1961 à 1963 ; pour Emma-Christie de 1962 à 1963, pour Dejac,
de 1962 à 1965 ; pour Charles Maudret, de 1965 à 1967 ;
pour Timwear, de 1968 à 1972 ; pour Billy Ballo, de 1968 à
1972 ; ou encore pour Rosita Missoni, en Italie ; et Christian Aujard,
de 1972 à 1978.

1961

• Peter
Knapp, jeune peintre et graphiste suisse installé en France depuis le
début des années cinquante, devient directeur artistique de Elle,
mensuel toujours dirigé par sa fondatrice, Hélène Gordon-Lazareff.
• Andy Warhol réalise la vitrine du magasin new-yorkais Bonwit
Teller.

• La marque
française de prêt-à-porter Chloé, créée
en 1953 par Gaby Aghion en association avec Jacques Lenoir, engage Gérard
Pipart. Parmi ses successeurs, citons Christiane Bailly (1961), Michèle
Rosier (1963), Maxime de la Falaise, Graziella Fontana, Tan Giudicelli, Guy
Paulin (1966), Carlos Rodriguez, Karl Lagerfeld (1966).

• Pierre
Cardin signe avec le confectionneur Georges Bril une licence de costumes pour
hommes.

1962

• À
côté de leur première boutique de la rue de Sèvres,
Jacqueline et Elie Jacobson en ouvrent une seconde, pour une clientèle
jeune, « Dorothée Bis ». Pour dessiner leurs collections
de prêt-à-porter, ils feront appel à Christiane Bailly,
Maxime de la Falaise, Michèle Rosier, Emmanuelle Khanh ou encore à
Gérard Pipart, représentants de la première génération
de stylistes français.

• Le mot
de « styliste » commence alors sa carrière publique
en France, associé pendant cette période au phénomène
des « boutiques », nouveaux hauts lieux de la mode des
moins de 25 ans. Citons Mic-Mac, La Gaminerie, Marie-Martine, Gudule, Renoma
ou encore Western House, où Marithé (1942-) et François
(1945-) Girbaud font leurs armes. Dans les années qui suivent, nombre
de boutiques françaises s’inspirent de celles de Carnaby Street, à
Londres, « Mecque » de la mode « jeune »
de cette période. Mentionnons aussi l’influence de Biba, dans Kensington
Church Street, fondée par Barbara Hulanicki en 1964.

• Oonagh
Ferreras, Philippe Venet (1931-), Jean-Louis Scherrer (1935-), Yves Saint Laurent
(avec Pierre Bergé), créent leur propre maison de couture. • Daniel
Hechter fonde sa société. Il présentera sa première
collection en 1964.

• Fille
d’Hélène Gordon-Lazareff, la fondatrice de Elle, Michèle
Rosier abandonne le journalisme et crée la marque « V de V »
(Vêtements de Vacances).

• Emmanuelle
Khanh et Christiane Bailly dessinent la première collection « Emma-Christie »,
éditée par Gil Coutin et financée par Alain Lalonde.

• Selon
le quotidien Le Monde, près du quart des principales fibres consommées
par l’industrie textile mondiale sont des fibres chimiques.

1963

• Photographié
pour une couverture de Elle par Peter Knapp, un petit chemisier en crêpon
de coton, vendu 55 francs chez Dorothée, rend célèbre la
marque Cacharel, créée en 1958 par un ancien apprenti tailleur
nîmois, Jean Bousquet (1932-). Elle en vendra quelque 10 000 exemplaires
la première saison.

• Début
de la vogue du panty dont la production culminera en 1969 avec 3 681 855
pièces.

• Connu
depuis 1959 pour sa coupe The Shape qui dégageait la nuque et dessinait
les contours du visage, le coiffeur britannique Vidal Sassoon crée la
coupe Bob, immédiatement adoptée par Mary Quant, coupe qui fera
de nombreuses émules.

• Le décret
n° 631075 du 25 octobre 1963 rend obligatoire la présence d’une étiquette
de composition sur les produits textiles. Il entrera en vigueur le 1er janvier
1965.

• Selon
une enquête de l’INSEE, les plus fortes dépenses vestimentaires
par habitant sont le fait des jeunes de 15 à 20 ans, filles comme garçons,
de très loin par rapport aux autres classes d’âge.

• Le 22
juin, 150 000 jeunes assistent au concert organisé place de la Nation
par l’émission de radio Salut les copains ! de Daniel Filipacchi, concert
qui consacre la vague yé-yé et la mise en sommeil provisoire du
rock’n roll en France.

1964

• Ouverture
de la boutique Victoire, place des Victoires à Paris, financée
par Alain Lalonde et dirigée par Catherine Chaillet. Antoine Riboud la
rachètera en 1967, Françoise Chassagnac en prenant alors la direction.

• Lucien
Abra fonde le Journal du textile.

• Le Secrétariat
international de la laine (IWS, International Wool Secretary) lance le label
Woolmark.

1965

• Exposition
Pop Art, Nouveau Réalisme, etc., au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles :
exposition témoin et promotrice de l’introduction du Pop Art en Europe.

• Quatre
ans après la fondation de sa maison de couture, André Courrèges
présente ses tenues « mini » en janvier :
la presse parle de collection révolutionnaire. En Grande-Bretagne, les
stylistes Joan Huir et surtout Mary Quant présentent leurs propres mini-jupes.
La rumeur veut que cette dernière se soit procurée sa première
mini-jupe à la boutique des Arts de Saint-Tropez avant d’en lancer la
vogue en Grande-Bretagne.

• Tailleur
de formation, après six ans chez Balenciaga et deux chez Courrèges,
Emanuel Ungaro (1933-) présente sa première collection.

• Collection
« Mondrian » d’Yves Saint Laurent : robes en jersey
épais et motifs géométriques inspirés du peintre.

• Architecte
de formation, Paco Rabanne (1934-) présente sa première collection,
célèbre pour ses mini robes et mini shorts métalliques.

• Mode
des « minets » et, avec eux, apparition de nouveaux sanctuaires
de la consommation de mode : notamment, les boutiques Renoma et New Man,
ou encore le marché Malik aux « puces » de la porte
de Clignancourt.

• Françoise
Vincent-Ricard fonde le bureau de style Promostyl.

• Pour
la première fois en France, on fabrique plus de pantalons pour femmes
que de jupes. De 1968 à 1971, la production annuelle de jupons chute
de 1 418 915 à 32 521 pièces.

• Création,
en Grande-Bretagne, du magazine de mode Nova. Il disparaîtra en 1975.

• En mars,
premier numéro de Dim Dam Dom, émission de télévision
consacrée à la mode et créée par Daisy de Galard.
À son arrêt en février 1971, elle comptait soixante-dix
numéros.

• La France
compte désormais autant de filles scolarisées que de garçons.

1966

• Collection
Pop Art d’Yves Saint Laurent : mini robe noire à lèvres rouges,
tailleur pantalon, caban et smoking.

• Création
de lignes de prêt-à-porter sous licence dans la haute couture :
Saint Laurent Rive Gauche (ouverture de la première boutique du même
nom), Ungaro Parallèle et, en 1968, « Givenchy Nouvelle Boutique »,
toutes trois fabriquées par le confectionneur C. Mendès qui
inaugure alors sa première unité industrielle. Création
également de Miss Dior, première ligne « bis »
de prêt-à-porter de Christian Dior.

• Publication
du livre de Mary Quant : Quant by Quant, à Londres.

• Courrèges
ouvre sa première boutique de prêt-à-porter.

• Brève
mode des robes en papier aux États-Unis.

• Qui êtes-vous
Polly Maggoo ?, film de William Klein, chronique satirique de la vie de mannequin
et du monde de la mode parisienne.

• 1966-1968 :
succès de la minijupe et du collant.

• Naissance
du mouvement hippie aux États-Unis. Premiers échos en France dans
ce qu’on commence à appeler l’underground et la « contre-culture ».

1967

• Serge
Lepage (1936-) fonde sa maison de couture. • Jean Cacharel lance les
chemisiers en tissu « liberty ».

• Le nombre
des maisons inscrites à la Chambre syndicale de la couture parisienne,
de 39 en 1966, tombe à 17.

• Blow
Up, film de Michelangelo Antonioni, chronique du Swinging London à travers
la vie d’un photographe de mode.

• Légalisation
de la pilule, qui n’entrera que lentement dans les mœurs : 8 %
des femmes l’utilisent en 1973.

1968

• Maïmé
Arnodin et Denise Fayolle fondent l’agence de style et de publicité MAFIA
(Maïmé Arnodin Fayolle International Associées).

• Déjà
connue à Saint-Tropez pour ses robes, Chantal Thomass (1947-) ouvre sa
boutique « Ter et Bentine », rue Dauphine à Paris.

• Jean-Charles
de Castelbajac (1949-) lance la marque « Compagnie du KO »,
qui deviendra « Ko and Co ».

• Célèbre
pour ses tricots diffusés depuis 1962 par la boutique de son mari, « Laura »,
avenue du Général Leclerc à Paris, Sonia Rykiel (1930-)
ouvre sa propre boutique 6, rue de Grenelle.

• Pierre
Cardin (1922-) lance la « cardine », robe en fibre dynel
moulée.

• Après
Courrèges, Yves Saint Laurent propose des chemisiers transparents.

• Cristobal
Balenciaga ferme sa maison. • Création de la marque de prêt-à-porter
Christian Aujard.

• Thierry
Mugler (1948-) est engagé comme assistant par la boutique « Gudule »,
rue de Buci.

• Héritier
d’une entreprise italienne de filature de la laine, Nino Cerruti (1934-) ouvre
une boutique place de la Madeleine.

• Festival
de musique pop de Woodstock.

1969

• Madame
Torrente-Mett ouvre une boutique rue du Faubourg Saint-Honoré, où
elle propose des vêtements fabriqués de façon artisanale.

• Les robes
jupons romantiques en cotonnades fleuries de Laura Ashley inaugurent la mode
« rétro », mode nostalgique en réaction
au modernisme des années précédentes.

• Naissance
du magazine professionnel GAP (Groupe Avant Première), dirigé
par Ginette Sainderichin.

• Dupont
de Nemours lance un nouveau polyamide, le qiana, censé être un
meilleur substitut à la soie que le nylon.

1970

• Collection
unisexe de Jacques Esterel (1917-1974).

• Kenzo
(1939-), premier styliste japonais à s’installer en France, ouvre la
boutique « Jungle Jap », Galerie Vivienne à Paris.

• Dominique
Peclers fonde le bureau de style Peclers Paris.

• Jean-Paul
Gaultier (1952-) assistant chez Pierre Cardin.

• Au salon
européen de l’habillement masculin, au printemps 1970, 20 % des
costumes sont désormais en maille.

1971

• Claude
Montana (1949-) assistant chez Mac Douglas, marque de vêtements de cuir.

• Première
publicité au cinéma pour les bas et collants Dim, publicité
dont la ritournelle marquera une génération de spectateurs durant
une bonne partie des années 1970.

• Vivienne
Westwood (1941-) et Malcolm McLaren ouvrent la boutique « Let it
rock », sur King’s Road à Londres.

• Didier
Grumbach fonde la société « Créateurs &
Industriels ». Cette structure vise à faciliter, en les associant
à des fabricants, l’installation des « créateurs de
mode », expression désormais préférée
au mot « styliste ». Andrée Putman en prend la
direction artistique. Emmanuelle Khanh et Ossie Clark participent au premier
défilé en avril.

1972

• Création
de la marque de prêt-à-porter Emmanuelle Khanh.

• Pierre
Cardin et Nina Ricci regroupent haute couture et prêt-à-porter
dans la même collection.

1973

• Mort
d’Elsa Schiaparelli (1890-1973), retirée de la couture depuis 1954.

• Première
collection d’Issey Miyake à Paris, dans le cadre de « Créateurs
& Industriels ».

• Ouverture
du magasin « Créateurs & Industriels », 45,
rue de Rennes à Paris.

• Première
collection de Thierry Mugler sous la griffe « Café de Paris ».
• Création de la Chambre syndicale du prêt-à-porter
des couturiers et des créateurs de mode. Pierre Bergé en est nommé
président.

• À
l’initiative de Pierre Bergé, création du GMC (Groupement Mode
et Création) qui réunit Yves Saint Laurent, Christian Dior, Emanuel
Ungaro, Chloé, Dorothée Bis, Sonia Rykiel, Kenzo et Emmanuelle
Khanh.

• Création
du salon textile Première Vision à Lyon.

• Premier
choc pétrolier.

• Signature
de l’accord multifibres (AMF) régissant le commerce mondial des produits
textiles et de l’habillement à travers un système de quotas d’échanges.


Notes :

[1].
Nicole Pellegrin, « Le vêtement comme fait social total »,
in Christophe Charle (dir.), Histoire sociale, histoire globale ?,
Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1993. [ Actes du
colloque des 27 et 28 janvier organisé par l’Institut d’histoire
moderne et contemporaine].

 

 

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