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Institut d’histoire du temps présent - IHTP

 
 
 

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La « collaboration sentimentale » : antipatriotisme ou sexualité hors-normes ? (Lorient, mai 1945), par Luc Capdevila

 

De toutes les formes de collaboration réprimées à la Libération, la « collaboration horizontale », bien qu'emblématique du climat de l'époque, est une source d'étonnement cinquante ans après. Cette expression courante, salace, exprime toute l'ambiguïté du délit, traité ainsi par le mépris et la dérision tant il est insignifiant. Au demeurant, les ordonnances définissant l'indignité nationale n'ont pas retenu les relations sexuelles avec l'occupant parmi les actes antinationaux[1]. Néanmoins, en l'attente d'un compte exact, il semble que des milliers de Françaises furent inquiétées pour le seul fait d'avoir eu des rapports amoureux avec des Allemands. En traduisant ces femmes en justice, quelles fautes précises les hommes de la Libération pensaient-ils sanctionner avec autant de détermination ? L'analyse du système des images mentales de la « collaboration sentimentale » nous entraîne, par delà l'épuration, au plus profond d'un réseau des représentations sociales de la femme et des rapports homme/femme, produites par une société patriarcale sur le déclin[2]. Le cas des femmes de Lorient offre à ce titre un exemple exceptionnel.

Lors de la chute de la poche de résistance allemande de Lorient, le 8 mai 1945, des centaines de personnes soupçonnées de collaboration sont appréhendées par la sécurité militaire et la gendarmerie. Conduites au centre de criblage d'Auray, elles sont rapidement interrogées puis, tandis que nombre d'entre elles sont relâchées, 436 sont transférées au camp de Sarzeau[3], 87% sont des femmes. Le fait est rare. En général la distribution des sexes en matière de répression de la collaboration est inverse, avec une proportion d'hommes écrasante[4]. Dans les situations extrêmes, la part des femmes sanctionnées, majoritairement comme maîtresses de soldats ennemis, est comprise entre 35 et 47% du total, il s'agit des départements à forte présence allemande ; le Morbihan fut de ceux-là. Mais le Morbihan, en réprimant plus de femmes que d'hommes, fait exception. Elles représentent en effet 55% des internés en septembre 1944, 62% des accusés traduits devant la Cour de Justice, 69% des collaborateurs présumés jugés par la chambre civique, et les sanctions prononcées à leur égard furent invariablement plus sévères, la peine de mort mise à part[5].

Sur les 436 détenus de mai 1945, 194 sont traduits devant la chambre civique de Vannes, les autres ayant été pour la plupart relaxés. 189 sont des concubines de soldats allemands et 5 adhérents au parti autonomiste collaborationniste le PNB. Ainsi, à 97%, ces collaborateurs de la poche de Lorient sont traduits devant la chambre civique au titre de « collaboration sentimentale ». La chambre civique ne fit preuve d'aucune mansuétude à l'égard de ces 189 femmes, la plupart furent condamnées à une peine de dégradation nationale souvent alourdie par une interdiction de séjour dans le Morbihan, voire dans les cinq départements bretons. Deux seulement furent acquittées.

Cette population de 189 femmes est particulière à plus d'un titre. En demeurant dans une enclave d'occupation jusqu'à la capitulation du IIIe Reich, elles s'affirment radicalement pour la présence allemande. à plusieurs reprises l'occasion avait été donnée aux civils de se réfugier en zone libérée, 90% de la population avait évacué la poche dès février 1945[6]. Par ailleurs, il est rare d'observer une majorité de femmes parmi les inculpés pour collaboration. Si le phénomène se rencontre parfois à l'échelle communale, à Loudéac par exemple, il est unique à l'échelon départemental[7]. D'autre part, en mai 1945 l'ordre républicain est rétabli. Arrêtées par la sécurité militaire ou la gendarmerie, elles sont interrogées par un commissaire de police. Ni vindicte populaire, ni comité de résistance n'interviennent dans l'événement. Seul l'État agit par le biais de son appareil répressif et judiciaire. Enfin, elles sont traduites devant les tribunaux et condamnées pour « avoir entretenu des relations sentimentales et sexuelles avec des militaires ou agents de l'Allemagne » suivant la formule employée dans les arrêts de la chambre civique qui, de fait, crée le délit de « collaboration sentimentale ». Ainsi sont étiquetés les dossiers de procédure. En d'autres lieux, les concubines ou les maîtresses des occupants sont le plus souvent blâmées par les jurés suivant d'autres chefs d'accusation : dénonciation de patriotes, trafic de denrées ou travail volontaire, actes de trahison ou de collaboration économique. La sexualité seule ne suffit pas à condamner, mais elle aggrave ou renforce un comportement perçu comme antinational. à ce titre, la chambre civique de Rennes casse un jugement de la chambre civique de Quimper considérant que les relations intimes avec des sujets allemands pendant l'Occupation « ne constituent pas [une] aide directe ou indirecte à l'Allemagne »[8]. Or à Vannes, c'est l'unique chef d'accusation retenu.

C'est donc dans la plus stricte légalité que la répression est exercée, laissant ainsi, par les dossiers de procédure, une source sérielle homogène[9]. Le même officier de police judiciaire a dirigé les 189 interrogatoires et rédigé les procès-verbaux. Ils permettent de dessiner une sociologie précise de ces femmes et donnent une idée assez nette de leur sexualité. Dès lors, à partir de cette série, il est possible de faire apparaître l'articulation reliant l'imaginaire collectif et la réalité sociale à la base de la représentation des « femmes à boches ».

Représentations collectives de la « collaboration sentimentale »

Les représentations collectives des femmes ayant eu des relations sexuelles avec des Allemands sous l'Occupation sont très négatives. Parfois on les plaint, le plus souvent on les méprise. Dépravées est l'adjectif le plus fréquemment utilisé pour les présenter. On les dépeint s'amusant sans cesse au fil des années noires, multipliant les amants, les agapes et les bals. Aux plaisirs du sexe sont souvent associés ceux de la bouche. En ces temps de pénurie, les rêves de nourriture, d'omelette au lard, de lait entier et de vins fins, par delà l'estomac, tenaillent l'imaginaire. Les fantasmes sexuels sont évidemment très présents dans ces images mentales, mais elles obéissent également au système de représentations dominant de la nation à la Libération. Pendant que les « bons Français » souffrent car ils ne désespèrent pas de la victoire, ces femmes s'amusent, ripaillent et acceptent la défaite en choisissant le camp allemand. Par essence elles devraient être des « mauvaises Françaises ». Or, pire, elles sont désignées comme « femmes à boches ».

Ceci n'est pas suffisant pour en faire des collaboratrices réelles et les traduire en justice. En effet, à l'époque, le noyau central de la représentation de la collaboration, comme celui de la Résistance, repose sur l'acte. Par conséquent, pour que l'image des « femmes à boches » coïncide avec celle de la collaboration, il faut associer à la sexualité un acte de trahison volontaire. Certes, des témoins prétendent qu'en accordant leurs faveurs aux Allemands, elles soutenaient le moral des troupes d'occupation. Ce point de vue n'est que très rarement repris. L'idée la plus répandue signale que leur promiscuité avec les soldats allemands en fait des délatrices potentielles. Le modèle dominant de cette représentation associe la délation à la sexualité, donnant ainsi une dimension politico-militaire à la faute, qui serait sans cela plus difficile à mesurer à l'aune du patriotisme.

Ainsi les « femmes à boches » perdent leur identité de « femmes françaises «  en trahissant la nation. Dans cette image mentale, sexualité, moralité, collaboration active et identité nationale sont mises en interaction. Un tract diffamatoire dénonçant des employées de mairie à Plouha en novembre 1944, est construit suivant cette représentation :

    « Pas de femmes à boches à la mairie ...

    Nous exigeons des femmes françaises en face de nous, à la mairie
    Nous réclamons des femmes propres à la mairie ...

    Il est facile de se parer du titre de ‘contre espionnage' alors qu'il
    existe tant de preuves du contraire... »
    [10] .

Les quatre éléments composant cette représentation dominante sont présents. La sexualité d'abord désignée par la formule consacrée, la déchéance de l'identité nationale affirmée par l'inversion de la proposition, il en est de même pour la souillure morale. Enfin, le glissement sur le terrain de l'action ; les secrétaires de mairie se défendant en retournant l'accusation intrinsèque de délatrice se voient contredites dans le tract qui les tourne en dérision et suggère le contraire. Ce papillon placardé sur les murs de Plouha a valeur d'ostrakon.

Les images de la « collaboration sentimentale » correspondent au système de représentations générique du collaborateur au sein duquel les éléments en interaction sont la perte d'identité nationale, l'immoralité, l'acte de collaboration et l'attribut du collaborateur. La structure du système est toujours identique, les images s'adaptent en fonction de la forme de collaboration. Ce qui est particulier aux femmes, à la différence des hommes, c'est la présence du sexe comme élément-attribut du système. Commentant les arrestations de Lorient, le préfet du Morbihan admet qu'il s'agit « d'éléments pas très intéressants ». Pourtant, dans son rapport de juin 1945 il précise : « les seuls faits retenus contre ces femmes étant de l'ordre ‘ collaboration intime ', j'ai estimé que leur séjour dans la région était indésirable »[11]. Il prend ainsi des mesures administratives d'interdiction de séjour dans son département pour certaines de ces femmes libérées provisoirement, obéissant par là-même à ces pulsions collectives d'ostracisme. Se faisant en grande partie l'écho de ces représentations l'historien R. Leroux décrit ainsi celles qui ont été finalement convoquées devant la chambre civique de Vannes :

    « ... 78% ont mené une vie de débauche avec les Allemands, la plupart à Lorient. Quelques-unes sont totalement illettrées, plusieurs ont été déjà condamnées (l'une d'elles 21 fois !). Elles sont venues travailler pour les Allemands avec l'intention de trouver un amant parmi eux et de mener une vie plus facile ; quand elles comparaissent devant la Cour, certaines ne se rappellent même plus le nom patronymique de leur dernier ami »[12].

R. Leroux insiste sur l'immoralité et la marginalité sociale de ces femmes dont l'itinéraire appartiendrait plutôt à celui de la petite criminalité. Il signale également leur refus de la souffrance partagée avec leurs compatriotes, ce qui les sépare de l'image du peuple français/peuple martyr. Certes des quatre composants de la représentation, il manque le plus important, l'acte de collaboration. Or celui-ci est présent dans les dossiers de procédure, les accusées doivent toujours se défendre de n'avoir ni dénoncé des Français, ni participé à des organismes de collaboration. Ces poursuites n'ayant pas de consistance, elles disparaissent lors du procès. Pourtant, un autre chef d'accusation pour indignité nationale était possible, mais il n'a pas été retenu, presque toutes avaient travaillé volontairement pour les Allemands.

Sociologie de la « collaboration sentimentale »

Si toutes comptent au moins un Allemand pour amant (une seule fréquentait un Français travaillant pour les troupes d'occupation), 98% ont travaillé également pour les Allemands, soit comme contractuelles de l'Organisation Todt, soit le plus souvent directement pour un corps d'armée. Il est d'ailleurs significatif que l'interrogatoire commence par leurs activités professionnelles et se termine par leur intimité. Aussi est-il nécessaire, avant d'analyser leur vie amoureuse, d'étudier l'itinéraire qui les a conduites dans la poche de Lorient.

Toutes ces femmes sont des travailleuses volontaires. Six d'entre elles insistent sur les pressions familiales ou allemandes qui les ont amenées à œuvrer pour l'occupant. Henriette, alsacienne, prétend avoir été déportée du travail en Allemagne dès 1941, elle avait 17 ans[13] ; Marthe, 25 ans, originaire de Roubaix, déclare : « cette usine [qui l'employait] ayant cessé de travailler, je suis venue à Queven [Morbihan] pour me soustraire au départ en Allemagne »[14]. Jeanne;, parisienne, explique que « pour échapper au STO » elle a préféré s'engager plutôt que de « partir en Allemagne ». Ces affirmations, crédibles, sont retenues par le juge d'instruction qui constitue le dossier. Il est vrai que si les femmes n'ont pas été soumises au travail forcé à l'identique des hommes, Sauckel, responsable de la main-d'œuvre étrangère pour le Reich, avait envisagé l'élargissement du STO aux femmes. En avril 1943, la menace de départ forcé pesa lourdement sur les célibataires. Dans d'autres circonstances, des pressions très fortes ont été exercées, au point que des départs de travailleuses pour l'Allemagne s'apparentaient à la déportation[15]. 4% ont accompagné leur conjoint allemand ou l'on rejoint à Lorient. Pour obtenir l'autorisation de s'installer dans la zone littorale qui était interdite aux civils, elles durent signer un contrat de travail avec les troupes d'occupation.

Ces justifications restent très minoritaires, 89% travaillent pour les Allemands afin de gagner de l'argent. « J'avais alors seize ans et il était nécessaire que je gagne ma vie. Ma mère seule ne pouvait suffire à mes besoins et à ceux de toute notre famille car nous étions cinq filles à la maison » déclare Léone[16]. Les salaires trois à quatre fois supérieurs à ceux pratiqués par les Français sont très attractifs, nombre de femmes disent clairement qu'elles ont troqué des revenus misérables pour des rémunérations élevées. Au salaire net s'ajoute en général la nourriture et parfois le logement ce qui, en ces temps de pénurie, dans une ville en ruine, n'était pas négligeable. Mais elles sont toutes aussi nombreuses à préciser qu'elles n'avaient pas le choix, « faute de travail, je me suis mise à travailler pour les Allemand » déclare Louisette[17]. Plusieurs, après avoir cessé leur activité pendant des mois, rejoignent les Allemands faute d'avoir entre temps trouvé un emploi. Souvent, c'est après avoir perdu une situation, notamment à la suite des bombardements de Lorient en janvier 1943, qu'elles « s'embauchent chez les Allemands ».

À 90%, elles sont bonnes à tout faire, femmes de chambre, aide-cuisinières, serveuses, filles de salle, etc. ; six sont traductrices. De fait, ces femmes sont plutôt déclassées par rapport à leurs activités précédentes. Celles qui avaient une qualification, les ouvrières d'usine, les couturières, les modistes, sont employées comme femme de ménage ou fille de salle. Les seules qui voient leur situation professionnelle s'améliorer le doivent à leur pratique de la langue allemande ou à l'influence de leur amant. Mais elles ne sont qu'une infime minorité, trois ou quatre tout au plus. Même parmi les six interprètes qui occupent, de fait, des postes à responsabilité, quatre ont un niveau d'étude secondaire. Annette journaliste avant guerre écrivait dans le périodique parisien L'Époque[18], le père d'Andrée était vétérinaire[19], la mère d'Yvonne possédait un restaurant à Cherbourg[20]. Les deux cas de promotion véritable correspondent à deux Alsaciennes sans qualification initiale. Le travail au profit des Allemands entretient davantage la reproduction sociale qu'il ne favorise la mobilité.

Ce sont des femmes seules, célibataires (69%), veuves, divorcées ou séparées (18%). Les 13% de mariées sont sans nouvelles de leur mari, prisonnier en Allemagne depuis des années ou entretiennent des relations très distantes avec lui. L'image de l'épouse infidèle mettant à profit l'emprisonnement de son mari dans un stalag pour donner libre cours à ses pulsions est renforcée par neuf femmes vivant une situation complexe. Trois d'entre elles n'ont aucune nouvelle de leur époux depuis plusieurs années. Quatre n'évoquent pas suffisamment leur mari pour que l'on puisse connaître leurs relations conjugales avec précision. Seules, Marcelle dont l'époux est sous les drapeaux depuis 1939 et l'amant français prisonnier de guerre depuis 1940[21] ainsi qu'Eva avouant avoir trompé son époux par désœuvrement[22], dévoilent un itinéraire qui étaie cette représentation.

La moyenne d'âge est peu élevée. à plus de 60%, elles ont moins de 26 ans. à 14% elles sont mineures, la plus jeune a 17 ans au moment de son arrestation. 4% seulement ont plus de 40 ans. Fait qui accentue leur solitude, 55% ont perdu un de leurs deux parents, 13% sont orphelines, 4% sont nées sous X ou ont été abandonnées voire chassées de la maison familiale. Cet élément est encore plus accentué dans la tranche d'âge des 21/26 ans où 58% ont perdu le père ou la mère, 44% des jeunes femmes appartenant à cette génération n'ayant plus de père ou ne l'ayant jamais connu. Le trait est d'importance car, à lui seul, il peut expliquer l'isolement et le manque affectif dont certaines souffrent. La guerre favorise les déracinements. Il y a celles qui ont fuit le Nord en 1940, celles qui quittent Le Havre ou Nantes après les bombardements ou dont la famille s'est réfugiée dans l'intérieur après les bombardements de Lorient. Néanmoins, la grande majorité a conservé de fortes attaches familiales. Elles vivaient avec leur mère ou chez une tante avant de s'engager, et rentrent encore régulièrement chez leurs parents. Leurs origines populaires se traduisent également par leur niveau d'instruction. Une seule est bachelière, la plupart savent à peine lire et écrire ; ce n'est même pas certain pour douze d'entre elles. à 60% elles n'ont pas accédé au niveau du certificat d'études primaires. En revanche leurs antécédents judiciaires sont marginaux, sept seulement ont été condamnées à des peines de prison, dont 5 légères pour coups et blessures, deux pour avortement ou complicité d'avortement. Deux autres font l'objet d'une enquête pour avortement.

Une minorité des procès-verbaux explique le maintien de ces femmes à Lorient jusqu'à la reddition. Il est vrai que 34% sont natives de la poche proprement dite, mais si 30% sont d'origine bretonne, 36% tout de même proviennent d'une autre région de France dont le tiers de Paris. Celles qui avant l'été 1944 résidaient en dehors de la poche ont accompagné, voire talonné, les Allemands dans leur retraite après la percée d'Avranches par peur des représailles. Certaines décrivent leur arrivée à Lorient en août 1944 non comme fuyardes mais en tant que salariées accompagnant leur employeur ; dans leurs récits, l'exode de l'été 1944 n'apparaît pas différent des autres déplacements effectués sous l'Occupation.

Leur maintien dans la poche jusqu'en mai 1945 est diversement justifié, sans version prédominante. à celles qui invoquent l'impossibilité de sortir en raison du refus des Allemands de se séparer de leur main-d'œuvre, ou en raison de la sécurité militaire, répondent celles qui ont pris la décision de rester. Par crainte des représailles, « je n'ai pas regagné la France libérée dans le dernier convoi car les Allemands faisaient courir le bruit que nous aurions les yeux arrachés et serions fusillées... » dit Simone[23]. Par amour, « je n'ai pas essayé de partir de Lorient, je ne le voulais d'ailleurs pas, car je ne voulais pas quitter mon ami » déclare Yvonne[24]. Par peur de perdre une situation, « je craignais d'être sans travail et de demeurer sans ressources car je n'avais plus personne pour me recueillir mon grand-père étant décédé » nous dit Thérèse, 18 ans[25], et Marie enceinte de six mois précise : « je suis restée sur place uniquement pour gagner l'argent qui me sera nécessaire pour élever mon enfant. Je craignais de ne pas trouver un emploi en dehors de la poche de Lorient »[26]. Germaine, 21 ans, par l'explication qu'elle donne montre qu'elle n'a pas conscience de l'enjeu des événements qu'elle traverse : « ... je n'ai pas voulu prendre le dernier convoi de rapatriés en avril dernier, parce que je pensais que la guerre ne durerait plus longtemps et que je pouvais encore attendre un peu »[27].

Le profil social de ces femmes est donc facile à cerner. Issues majoritairement des milieux populaires, elles sont jeunes et seules. Soit elles résidaient à Lorient avant la guerre, soit elles y sont venues pour travailler. Sans faire de misérabilisme, nombreuses sont celles qui vivent des situations critiques. Raymonde, 29 ans, a trois enfants dont deux tuberculeux ; malade elle aussi, son mari a disparu en Allemagne[28]. La plupart connaissent les dures réalités que la vie réserve aux plus pauvres. Lucienne, née en 1923, travaille comme bonne depuis l'âge de onze ans[29]. Marie, à seize ans, a été chassée de la maison familiale par son père en 1942[30]. Émilienne, dont la mère est décédée, est rejetée par son père lorsqu'il se remarie en 1940[31]. La plupart des femmes divorcées ou séparées ont été abandonnées par leur conjoint, comme Lucienne, quittée par son mari en 1941 : à 21 ans, en pleine guerre, elle reste seule avec trois enfants[32].

Dans l'intimité des « collaboratrices »

Cela étant, les activités professionnelles, qui correspondent pourtant véritablement à une forme de collaboration économique, passent au second plan. L'accent est mis sur leurs activités sexuelles. En effet, si le commissaire de la police judiciaire s'intéresse d'abord à leur itinéraire professionnel, le préfet ne tient compte que de leur « collaboration intime ». Leur dossier de procédure a pour intitulé « collaboration sentimentale » et elles sont condamnées pour avoir « entretenu habituellement des relations sentimentales et sexuelles avec des militaires ou agents de l'Allemagne puissance ennemie »[33], suivant la formule employée dans les arrêts de la chambre civique qui ne prend pas en considération leurs activités professionnelles. C'est donc bien pour leur sexualité qu'elles sont poursuivies.

Dès qu'on aborde la sexualité, l'imaginaire s'empare des représentations. Les représentations collectives des concubines d'Allemands les rapprochent des prostituées. En plus de la multiplicité des amants, on leur prête une certaine perversité, le terme le plus courant pour décrire leur comportement étant celui de « débauche ». De fait, la forme de l'interrogatoire qu'elles subissent montre que l'enquêteur les soupçonne d'avortement et de relations mercantiles avec leurs partenaires. L'officier creuse assez profondément dans leur intimité, leur faisant préciser le nombre d'amants, les circonstances et les dates des rencontres, la durée de leurs liaisons, la fréquence et le lieu des rapports, comme si leur sexualité était un délit.

Le décalage entre l'imaginaire et le réel est grand, mais une minorité de femmes confirme en apparence ces images mentales, ce qui permet d'asseoir les représentations collectives sur un socle réaliste ou voisin de la réalité. La très grande majorité de ces femmes ne correspond pas à l'idée qu'on s'en fait. Mais toutes ont une vie amoureuse qui, les plaçant en dehors des conventions maritales, complique la lecture de leur image sociale.

Nos statistiques reposent sur les déclarations des prévenues. Il est probable que certaines minorent le nombre de liaisons entretenues sous l'Occupation. Néanmoins, leurs récits sont assez précis et les procès-verbaux recueillent la déclaration finale qui conclut plusieurs interrogatoires poussés, auxquels se rajoute une première enquête. Par ailleurs, elles évoquent d'autres partenaires non allemands. 48% déclarent un seul amant, 39% en ont eu deux ; 7% en citent trois ; 6% en signalent quatre ou plus. Ainsi 90% de ces femmes n'a connu que deux hommes sous l'Occupation. On est loin des récits fantasmatiques qui circulaient à l'époque et leur attribuaient un rythme de vie de prostituées. à 20%, elles déclarent ouvertement aimer leur « ami allemand ». Anne-Marie précise que lorsque celui-ci « sera libéré, j'ai l'intention de refaire ma vie avec lui »[34], et Marie-Thérèse évoque son « fiancé »[35]. 6% seulement signalent des rapports occasionnels ou très rapides avec leurs partenaires. 94% ont eu des rapports durables (plusieurs mois), 19% ayant même vécu maritalement avec au moins l'un d'entre-eux. La stabilité est l'apanage des femmes de plus de 40 ans, elles comptent deux amants au maximum, tandis que la catégorie des plus de quatre partenaires est réservée aux femmes de moins de 40 ans, dont le tiers est mineure, l'une n'ayant pas 18 ans à son arrestation.

Quelques-unes, 6% au maximum, signalent directement ou indirectement des éléments financiers intervenant dans leurs rapports amoureux. Ils ne sont pas toujours simples à interpréter. Simone reconnaît avoir été « largement entretenue » par son premier amant[36]. Lucienne raconte : « mes amants ne m'ont jamais remis d'argent, mais ils m'achetaient divers objets notamment des effets de linge de corps »[37]. Quant à Étiennette, son compagnon lui remettait la moitié de sa solde car elle était enceinte de lui[38]. Donc, des situations très variées, exceptionnelles, mais ne relèvant pas, en apparence, de la prostitution. En dehors de ces cas, sont recensées une ancienne « fille soumise » et deux femmes qui ont été soupçonnées de prostitution par les autorités allemandes.

Dans leur très grande majorité, ces femmes rencontrent leur amant sur le lieu de travail. Le plus souvent, quand elles en ont eu plusieurs, c'était lors d'un changement de poste. Il est évident qu'une partie d'entre elles recherchait un protecteur. Travailler dans un univers de soldats dans un contexte d'occupation (certaines signalent avoir été battues) n'était pas sécurisant ; la corrélation avec l'absence du père renforce cette interprétation.

79% sont sans enfants ou déclarent des enfants légitimes. 15% ont un enfant de père allemand ou sont enceintes d'un Allemand. 7% signalent des enfants naturels. Ainsi, on retrouve toujours une minorité qui peut correspondre en apparence aux représentations sociales, celle de la fille perdue, prostituée ou mère célibataire, mais le modèle dominant est autre. Il n'a pas été retenu parce qu'il ne correspondait pas aux représentations collectives de l'époque. Les trois quarts de ces femmes sont effectivement en dehors des normes sociales dans la mesure où, tout en étant indépendantes par leur mode de vie, elles disposent de leur corps, par l'avortement ou par l'usage de pratiques contraceptives.

Denise, 24 ans, déclare à propos d'un de ses amants, « journellement j'avais des relations sexuelles avec lui », puis précise, « je vous affirme qu'à aucun moment je ne me suis trouvée enceinte d'un de ces Allemands »[39]. Peu importe qu'elle ait avorté ; étant donné les risques encourus, elle a tout intérêt à se taire. Avec Denise, apparaît un caractère social qui inquiète à l'époque. Voilà en effet une jeune femme qui n'est pas prostituée, qui a des amants, et qui maîtrise sa fécondité ; en Bretagne catholique, dans la région de Quimperlé, ce type de femme n'est pas acceptable.

Bien que se rattachant au modèle rassurant de la fille perdue, le cas d'Étiennette n'est pas plus admissible. Pendant un an et demi, elle a connu un militaire allemand. « Nous avions nos relations à son domicile presque journellement », sans enfant. Puis, elle vit en concubinage avec un ouvrier allemand de l'arsenal. Au bout d'un an, elle est enceinte. Le couple installé dans la base sous-marine de Kéroman, doit être à la recherche d'une certaine stabilité, ils partagent leurs revenus et on ne voit pas comment l'enfant aurait pu ne pas être désiré, bien qu'il ait été conçu sous les bombes en janvier 1945 ! Étiennette, comme Denise, a décidé pour elle et en plus pour son enfant. Originaire de Quimper, elle représente un caractère social tout aussi inconcevable. Comment une « femme à boches » aurait-elle pu souhaiter avoir un enfant de l'ennemi ? Dans l'imaginaire collectif, elle mérite d'être enceinte, le ventre rond ou le nourrisson sur le bras la flétrit en tant que femme qui a fauté parce qu'elle était femme. L'enfant punissant une erreur de jeunesse ne peut avoir été désiré.

Représentations de soi et sentiment national

Le décalage entre la représentation que ces femmes ont d'elles-mêmes et les représentations collectives existe mais il n'est pas absolu. En général, elles ne manifestent pas de regrets. Pour autant, elles ne sont pas inconscientes des enjeux politiques de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'elles se disent souvent ignorantes de la chose publique, elles revendiquent, quand elles le peuvent, un « malgré lui » pour amant ou pour le moins un Alsacien, un amant patriote parti pour le maquis, un Allemand opposant au régime nazi, et lorsque par malheur il s'agit d'un SS, elles jurent sur tous les saints qu'elles ne le savaient pas, ou affirment qu'elles ont eu tôt fait de rompre avec lui, tant il était « déplaisant ». à l'identique des mères, des épouses ou des filles qui construisent leur identité nationale par cognation, en s'appropriant la mémoire du mari et du fils surtout, mais aussi celle du frère, du père et parfois même de l'oncle, ces femmes utilisent leur compagnon masculin pour établir leur propre identité de femme non collaboratrice. La notion de « collaboration sentimentale » elle-même repose sur cette représentation sociale : une femme n'a pas d'identité politique propre, elle reçoit celle du dernier homme dominant qu'elle a connu. Ainsi Henriette regrette : « Je suis alsacienne et française de cœur. Je reconnais avoir eu une conduite sujette à critique du fait que j'ai eu plusieurs amants allemands mais c'est là le seul reproche que l'on puisse m'adresser »[40]. Henriette revient ici sur sa première déclaration. Deux jours auparavant, elle n'avait avoué qu'un amant alsacien engagé « malgré lui ». Il semble bien que les mœurs soient au centre de l'enquête, c'est sur le nombre et l'identité de ses amants qu'Henriette ment une première fois et que le commissaire insiste ; par contre, qu'elle ait occupé des fonctions d'interprète et de quasi contremaître à la base sous-marine de Kéroman est secondaire pour les deux protagonistes. Henriette n'est pas la seule à formuler des regrets de la sorte. Elle rattache sa propre représentation aux représentations collectives, percevant dans son comportement des mœurs condamnables. Plus que le nombre, c'est la nationalité des amants qui fait la faute.

Certaines, mais elles ne sont pas nombreuses, se révoltent contre cet amalgame. Marguerite déclare :

    « J'ai été insolente envers les officiers français qui ont procédé à mon arrestation, j'ai pris les paroles qu'ils ont prononcées pour des insultes [...]. Je me suis rebiffée en leur faisant remarquer que ‘ j'étais aussi honnête qu'eux ', j'estimais que je n'avais pas fait de mal en fréquentant les Allemands. Pendant l'Occupation, j'ai travaillé pour les Allemands et j'ai eu un amant allemand, mais je n'ai cependant pas fait preuve d'idées pro-allemandes »[41].

Elle n'a pas trahi car, à l'identique de quelques femmes émancipées ou à forte personnalité, elle revendique une identité qui lui est propre. Elle n'est pas si éloignée de la formule d'Arletty qui, le culot en plus, mettant en avant ses droits de femme libre, montrait combien le système de la « collaboration sentimentale » reposait sur des ambiguïtés de fond[42]. L'officier instructeur du dossier est pour le moins troublé par sa déclaration, le « aussi honnête qu'eux » est entouré au crayon de couleur gras et annoté d'un large point d'interrogation.

L'équivoque tient dans la voie d'insertion de la représentation de la « collaboration sentimentale » au système de représentations génériques du collaborateur. La collaboration admise par tous repose sur l'acte volontaire de trahison constituant le noyau central du système. Or, la « collaboration sentimentale » coïncide avec le système par le biais d'une des représentations périphériques, les autres éléments découlant de celle-ci, l'acte y compris ; le système est ainsi entièrement reconstruit en inversant les solidarités entre ses quatre éléments constitutifs. Quand l'acte n'existe pas, il ne peut être inventé. à la différence de la moralité et de l'apostasie, la faute perd sa substance délictueuse, l'accusation devient boiteuse, la mauvaise conscience apparaît. En effet la notion de « collaboration sentimentale » repose plus sur la représentation de la femme que sur celle de la collaboration.

Le délit de collaboration sentimentale pose le problème de la violence sociale et de la répression d'État exercées contre les femmes à la Libération, les hommes n'étant pas poursuivis pour cette forme de collaboration. à travers ce « délit », plus qu'un acte de trahison, c'est une sexualité perçue comme déviante qui est jugée, déviante car elle est celle d'une femme. En effet, les formes de répression subies par les « femmes à boches » attaquent leur identité féminine. Les tontes, non pas spontanées mais orchestrées par les milieux de la Résistance en Bretagne, ont pour corollaire d'État les contrôles « minutieux » antivénériens dirigés par la police rennaise en août 1944[43] ou ordonnés par le préfet à Lorient en mai 1945[44].

L'accusation de collaboration sentimentale est à situer dans un réseau de représentations sociales du collaborateur, de la nation sous l'Occupation, de la femme et des rapports homme/femme dans une société traumatisée. En avril 1945, pour la première fois, les femmes votent, et c'est seulement depuis que la loi du 18 février 1938 a supprimé l'incapacité civile de la femme mariée que celle-ci, n'étant plus tout à fait mineure, peut entre autre ouvrir un compte en banque, passer un examen ou demander un passeport sans en référer à son époux ; celui-ci conservant l'autorité légale de lui interdire l'exercice d'une profession[45]. Ainsi, derrière la répression de cette forme de collaboration, s'est exercée une justice d'exception, condamnant des femmes en raison de ce qu'on imaginait être et devoir être leur sexualité.

Si les clichés des « femmes à boches » sont confirmés par des images réelles de femmes qui, multiplient leurs partenaires, trompent leur mari prisonnier en Allemagne et ont un enfant fruit de leurs passions germaniques, elles restent minoritaires et parfois décalées des représentations collectives. Ces images rassurent car elles coïncident avec le système des représentations sociales de la femme et des rapports homme/femme. Elles sont des prostituées, des filles-mères ingénues, des femmes adultères, des femmes enfants faisant des bêtises dès l'absence du mari, responsable lui. Elles rassurent car elles correspondent à des caractères sociaux balisés qui, par principe, n'échappent pas à l'autorité de l'homme dominant. La prostituée est au service des hommes, la fille-mère soumise à son père et la femme adultère demeure sous l'autorité morale de son époux, qui pardonne ou répudie.

Le modèle réel est tout autre. C'est celui de la femme seule, travaillant donc indépendante, sans enfant donc maîtrisant son corps, soustraite de fait à tout contrôle social masculin. Modèle ignoré car, n'ayant pas sa place dans une société placée sous l'ordre du patriarcat, il ne peut intégrer les systèmes de représentations sociales de l'époque. Ces femmes sont rejetées, elles n'ont pas lieu d'exister. Elles sont même perçues comme menaçant les fondements de la société : le mariage, la famille, la fécondité, la nation. à travers la faute de « collaboration sentimentale » qui associe le sexe réel enfoui dans l'imaginaire et l'acte de trahison projeté, on leur attribue un comportement qui n'est pas le leur, car c'est ainsi qu'on les comprend et c'est ainsi qu'on peut les ostraciser ... au moment où elles obtiennent enfin le droit de voter.


Notes :

[1] Cf. les ordonnances du 26 août 1944, du 30 septembre 1944 et du 26 décembre 1944.
[2] Cf. les études de Geneviève Sellier et Noël Burch sur les représentations des rapports homme/femme dans le cinéma français de la période 1930/1950. Voir également « Le rétablissement de l'ordre mâle » dans Alain Brossat, Les tondues, un carnaval moche, Paris, Manya, 1992, p. 119.
[3] AD35-43W172, rapport du préfet du Morbihan, mai 1945.
[4] Voir Marcel Baudot, « L'épuration : bilan chiffré », Bulletin de l'IHTP, n&degree; 25, 1986, p. 50.
[5] Voir R. Leroux, Le Morbihan en guerre ,1939-1945, Mayenne, Imprimerie de la manutention, 1991, p. 579.
[6] R. Leroux, op. cit., p. 604.
[7] Cf. Y. Lagadec, Un canton dans la tourmente : Loudéac (1939-1945), Loudéac, Mémoire du pays de Loudéac, 1994, pp. 139-141.
[8] AD35-213W/923.
[9] Cette étude repose sur le dépouillement systématique des dossiers des 194 personnes arrêtées au moment de la libération de la poche de Lorient et traduites devant la chambre civique de Vannes installée à Rennes. Ces documents sont déposés aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, cotes 216W 1 à 10 et 28, consultés par dérogation.
[10] AD22-2W97, papillon annexé au rapport de gendarmerie, brigade de Plouha, 7 novembre 1944.
[11] AD35-43W172.
[12] R. Leroux, op. cit., p. 580.
[13] AD35-216W7/29.
[14] AD35-216W4/616.
[15] Cf. Hélène Eck, « Les Françaises sous Vichy », dans Françoise Thébaud (dir.), Histoire des femmes en Occident. Le XXe siècle, Paris, Plon, 1992, p. 199.
[16] AD35-216W8/38.
[17] AD35-216W/687.
[18] AD35-216W3/586.
[19] AD35-216W4/691.
[20] AD35-216W4/676.
[21] AD35-216W5/863.
[22] AD35-216W3/585.
[23] AD35-216W3/606.
[24] AD35-216W4/676.
[25] AD35-216W5/856.
[26] AD35-216W3/610.
[27] AD35-216W3/614.
[28] AD35-216W4/690.
[29] AD35-216W4/684.
[30] AD35-216W6/19.
[31] AD35-216W8/33.
[32] AD35-216W6/7.
[33] AD35-216W10.
[34] AD35-216W5/857.
[35] AD35-216W6/2.
[36] AD35-216W3/598.
[37] AD35-216W4/680.
[38] AD35-216W3/604.
[39] AD35-216W5/866.
[40] AD35-216W7/29
[41] AD35-216W6/9.
[42] Devant ses épurateurs qui lui reprochaient sa liaison avec un officier allemand, Arletty aurait répondu « Mon coeur est à la France mais mon cul est international ! ».
[43] AD35-43W128, rapport du secrétaire général à la police au commissaire de la République à Rennes du 11 août 1944.
[44] AD35-43W172, rapport du préfet du Morbihan, mai 1945 ; Jacqueline Sainclivier, « Jalons pour une histoire de la Bretagne libérée (1944-1946) », Revue historique, n° 554, avril-juin 1985, pp. 383-418.
[45] Voir Anne-Marie Sohn, « Entre deux guerres. Les rôles féminins en France et en Angleterre », dans Françoise Thébaud (dir.), Histoire des femmes en Occident, op. cit., p. 109.

 

 

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